Réflexions sur la réconciliation dans les contextes africains : un webinaire conjoint de la Fundación Mujeres por África et de la Mandela Rhodes Foundation


Madrid, Cape Town / En ligne, 18 mars 2026 — Mercredi dernier, la Fundación Mujeres por África et la Mandela Rhodes Foundation ont coorganisé le webinaire « Réconciliation : récits, pratiques et réalités dans les contextes africains », réunissant des voix venues de tout le continent afin d’explorer les complexités de la réconciliation dans des contextes sociaux, politiques et personnels variés.

La session a proposé des témoignages clés ainsi qu’un échange modéré avec des anciennes participantes sélectionnées du programme Learn Africa et de la Mandela Rhodes Foundation. À travers leurs recherches et leurs activités professionnelles, les participantes sont activement engagées dans des questions liées à la réconciliation, à la consolidation de la paix, à la mémoire, à la justice et aux transitions post-conflit.

Les allocutions d’ouverture ont été prononcées par Kristal Duncan-Williams, au nom de la Mandela Rhodes Foundation, et par Juan Algar, CEO de la Fundación Mujeres por África, qui ont tous deux souligné l’importance de favoriser le dialogue et partagé l’engagement des deux institutions à contribuer à façonner l’avenir du continent africain.

Un moment central du webinaire a été l’intervention de Coralie Anyetei, directrice de programme à la Mandela Rhodes Foundation, qui a proposé une réflexion approfondie sur la réconciliation à la fois comme concept et comme réalité vécue. Elle a mis en avant la conviction de la Fondation selon laquelle la réconciliation est un processus intérieur — un processus qui implique d’embrasser à la fois la lumière et l’ombre, d’affronter la douleur sans s’y réduire et de permettre aux individus d’avancer avec autonomie et sens.

Le webinaire s’est ensuite poursuivi avec les témoignages des anciennes participantes, dont les réflexions ont illustré la nature multidimensionnelle de la réconciliation :
• Jill Samukimba a partagé un parcours de réconciliation profondément personnel, façonné par ses expériences liées à l’identité et à la perte. Aujourd’hui, elle canalise ce processus dans son travail en animant des ateliers de santé mentale et des programmes de mentorat pour les orphelins, mettant en lumière l’importance de la guérison intérieure.
• Sonia Mankongo a souligné le rôle de l’éducation comme outil de paix. S’appuyant sur son travail dans le nord du Cameroun, elle a décrit comment les enseignants dans les zones affectées par les conflits peuvent devenir des acteurs de paix, en transformant les écoles en espaces sûrs et inclusifs.
• Leané Williams a présenté la dramathérapie et la création théâtrale comme des pratiques puissantes de réconciliation. Elle a réfléchi aux façons dont la mémoire et la violence s’incarnent, et a analysé de manière critique les attentes sociales imposées aux femmes, ainsi que les limites des processus de réconciliation qui ignorent les réalités vécues.
• Chioma Ibiam Aja a mis en avant l’importance du leadership, du mentorat et de l’accès aux plateformes pour les femmes. Elle a souligné que l’éducation est un levier essentiel pour transformer les récits et promouvoir la paix.
• Iris Nxumalo-de Smidt a exploré la nature fragmentée et politique de la réconciliation, notamment à travers le prisme de la mémoire. Elle a insisté sur le fait que, pour de nombreuses femmes et filles, le conflit ne prend pas réellement fin, et a appelé à un investissement accru dans des alternatives féministes.
• Betelhem a apporté une perspective issue du droit international, en revenant sur son expérience du conflit du Tigré durant ses années universitaires. Elle a défendu la réconciliation comme une forme de catharsis, fondée sur la vérité plutôt que sur l’amnésie.

La session s’est conclue par les remarques de clôture de Beatriz Santacruz, coordinatrice du programme Learn Africa, qui a souligné l’importance de créer des espaces de dialogue et d’échange. Elle a noté que, bien que les intervenantes proviennent de disciplines et de contextes différents, elles partagent un engagement commun : contribuer à l’avancement du continent africain.

Cette initiative conjointe marque la première collaboration de ce type entre les deux fondations, reflétant une vision partagée visant à autonomiser les futures dirigeantes grâce à l’éducation et à l’engagement critique. Elle ouvre également la voie à de futurs partenariats fondés sur des valeurs communes et un engagement mutuel à promouvoir des récits inclusifs et transformateurs.