Les femmes africaines prennent la parole : science et vulgarisation en langues africaines


Madrid, le 27 octobre, 2025 — Le jeudi dernier a eu lieu, au Centre International de l’Espagnol (CIE-USAL), la présentation du livre Les femmes africaines prennent la parole : recherche et science en langues africaines, une œuvre qui revendique la valeur du savoir scientifique produit dans les langues africaines.

L’événement a réuni Beatriz Santacruz, coordinatrice de projets à la Fondation Femmes pour l’Afrique ; la Dre Alba Gómez Arias, présidente de l’ACESDA ; Estefanía Calcines Pérez, cheffe du département Médiathèque et Web de Casa África ; ainsi que les chercheuses Emeline Sergine Ngatat (Cameroun), Manoko Maubane-Nkadimeng (Afrique du Sud) et Evelyn Yayra Afua Bonney (Ghana), actuellement en résidence en Espagne grâce au programme de bourses Science by Women de la Fondation.
La table ronde a été modérée par le Dr Pedro Álvarez-Mosquera, éditeur de l’ouvrage et professeur à l’Université de Salamanque.

Au cours de la séance, les chercheuses ont partagé leurs expériences personnelles et ont réfléchi aux défis et aux stratégies auxquels elles sont confrontées lorsqu’elles mènent des recherches et diffusent leurs travaux dans leurs langues maternelles. La discussion a souligné l’importance de promouvoir une science véritablement multilingue et accessible, reconnaissant la richesse des connaissances générées dans des contextes culturels et linguistiques divers.

L’ouvrage, disponible en accès libre, peut être consulté à l’adresse suivante : https://eusal.es/eusal/catalog/book/978-84-1091-133-8.

Un projet pour rendre la science visible en langues africaines

Le livre Les femmes africaines prennent la parole : recherche et science en langues africaines est le résultat du projet Diffusion scientifique en langues vernaculaires africaines, mené par la Fondation Femmes pour l’Afrique en collaboration avec l’Université de Salamanque, le Centre International de l’Espagnol (CIE) et l’ACESDA.

Après plus d’une année de travail, le projet a rassemblé des textes de chercheuses africaines participant au programme Science by Women, qui célèbre sa dixième édition, ainsi que de scientifiques africaines membres du réseau ACESDA, avec pour objectif de promouvoir l’usage et la reconnaissance des langues africaines comme véhicules valables pour la science, tout en mettant en lumière le rôle des femmes africaines dans la production et la diffusion du savoir.

Diversité linguistique, inclusion et genre

L’Afrique compte plus de 2 000 langues, ce qui en fait le continent le plus diversifié sur le plan linguistique. Cependant, nombre de ces langues sont menacées par la mondialisation et l’hégémonie des langues coloniales. Le projet cherche à inverser cette tendance en promouvant activement l’usage des langues vernaculaires dans la science et l’éducation.

Cette initiative s’inscrit dans les objectifs de la Décennie internationale des langues autochtones (2022–2032)proclamée par les Nations Unies, et répond à un besoin urgent de diversifier la science, tant dans ses langues que dans ses voix. En offrant une plateforme à des femmes scientifiques africaines pour publier dans leurs langues maternelles, la Fondation renforce son engagement en faveur de l’égalité de genre, de la diversité linguistique et de l’inclusion dans la science.


Le projet contribue non seulement à la préservation et à la valorisation des langues africaines, mais facilite également l’accès au savoir au sein des communautés d’origine, en supprimant les barrières linguistiques et en renforçant les liens entre la science et la société.