Olga Namasembe. L’Ouganda


27/05/2020

Olga Namasembe, fait partie de notre réseau d’étudiantes universitaires africaines qui ont bénéficié d’une bourse du programme Learn Africa en collaboration avec des universités espagnoles. Olga a étudié un Master en économie et gestion internationale à l’Université de Grenade.

L’Ouganda, où aucun décès n’a été enregistré, commence à relâcher ses mesures

Olga Namasembe UgandaJ’ai eu l’occasion de me rendre à Nairobi depuis Kampala au début du mois de mars. À ce moment-là, en Ouganda, nous savions que le virus avait frappé en Chine et qu’il avait été détecté au Nigeria, mais il n’y avait pas de battage médiatique pour arrêter les transports ou les activités habituelles. En fait, lorsque j’ai acheté mon billet de bus pour Nairobi, le vendeur m’a dit de ne pas m’inquiéter de contracter le virus. Il m’a dit : « ebyo ffe tetubirina » (nous n’avons pas ce genre de choses ici).

Quelques jours après mon retour, tout s’est effondré : fermeture des écoles, plus de rassemblements religieux, interdiction de voyager pour les personnes venant d’Europe, des États-Unis et pour les Ougandais qui prévoient de se rendre dans ces endroits, etc. Cela m’a semblé exagéré pour ce que je pensais être un simple virus de la grippe.

Ce n’est que lorsque le président s’est adressé au pays pour dire à quel point le virus était mortel que cela m’a frappé ; les gens mouraient, ce n’était pas une grippe ordinaire. Lorsque le ministère de la santé a communiqué les mesures à prendre pour éviter de contracter le virus, ma famille et moi avons pris les mesures nécessaires, c’est-à-dire se laver les mains, rester à la maison et garder une certaine distance sociale. Les transports publics et privés ont été interdits, sauf pour les personnes employées dans le cadre des services essentiels.

Au fil des mois, de nombreuses personnes ont pris des tisanes médicinales dans leur jardin pour maintenir leur immunité. Mais nous sommes tous confrontés à des difficultés d’une manière ou d’une autre. Le virus ne respecte pas les personnes, celles considérées comme privilégiées se battent autant que celles considérées comme défavorisées. À l’heure actuelle, l’Ouganda compte 253 cas confirmés d’ infection et aucun décès.

Le mois de mai apporte cependant quelques changements notables car les règles ont été un peu assouplies pour que les gens puissent se déplacer et faire certaines activités. Le couvre-feu est fixé à 19 heures, ce qui permet aux gens de se déplacer un peu, même si les transports publics sont toujours interdits. Le port d’un masque est obligatoire pour sortir, ce qui n’était pas le cas il y a deux mois. Comme l’a également annoncé le gouvernement, les écoles rouvriront mais uniquement pour les classes candidates, c’est-à-dire les écoles primaires et secondaires. Nous espérons donc que les universités ouvriront elles aussi et que les entreprises reprendront leurs activités jusqu’à ce que les choses reviennent à la normale, si Dieu le veut.

Traduit par Paola Fourcaud

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