Nous présentons une étude sur l’entrepreneuriat féminin en Afrique réalisée par l’Université de La Laguna.


Vendredi dernier, le 15 mars, la présentation d’une analyse des variables et des facteurs qui influencent les intentions entrepreneuriales des femmes africaines a eu lieu à notre siège. L’étude a été menée par la Dr. Carmen Inés Ruíz de la Rosa, enseignante et chercheuse à l’Université de La Laguna. La fondation a fourni à la docteure une riche base de données de bénéficiaires de notre programme de bourses Learn Africa, grâce auquel des étudiantes africaines déjà diplômées d’une université africaine bénéficient d’une bourse pour étudier dans l’une des universités espagnoles de notre réseau. Au total, 314 réponses ont été reçues de la part de boursières du programme, âgées pour la plupart de 25 à 34 ans et originaires de 37 pays.

Cinquante et un pour cent des femmes qui ont répondu à l’enquête ont exprimé leur volonté d’entreprendre dans leur pays. Dans de nombreuses régions d’Afrique, l’esprit d’entreprise des femmes est supérieur à celui des hommes. Cependant, les femmes sont confrontées à un certain nombre d’obstacles qui les empêchent de développer pleinement leur potentiel entrepreneurial. Les objectifs spécifiques de cette étude comprenaient l’analyse des variables qui affectent l’intention de démarrer un projet d’entreprise, l’étude des facteurs de l’écosystème qui affectent le développement de projets entrepreneuriaux, l’identification des événements qui influencent, positivement ou négativement, la création d’une entreprise et, enfin, l’analyse de l’implication d’un état d’esprit favorable à un nouveau départ. L’étude suggère également des méthodes pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin en Afrique, telles que l’offre de formations spécialisées et la création d’espaces de collaboration pour les projets menés par des femmes, ainsi que l’amélioration du contexte institutionnel pour faciliter à la fois les opportunités et les ressources financières.

Après la présentation des conclusions de l’analyse, un débat a été ouvert, modéré par notre coordinatrice de programmes, Ainhoa Marín Egoscozábal. María Teresa Fernández de la Vega, présidente de Femmes pour l’Afrique ; Teresa Langle de Paz, directrice de Femmes pour l’Afrique ; Beatrice Grace Aluoch Obado, politologue spécialisée dans les relations internationales et le développement durable et professeure associée à l’IE, ainsi que la professeure Carmen Inés Ruíz de la Rosa, ont participé à la table ronde.

Au cours du débat, l’accent a été mis sur la façon dont les femmes sont à la tête du secteur informel sur le continent africain, mais la professeur Obado estime que nous devrions repenser la définition même du concept et a donné l’exemple des relations commerciales entre le Bénin et le Nigeria : « Ces relations transfrontalières représentent 75 % du PIB du pays et sont principalement gérées par des femmes. Peut-on la définir comme informelle ? ». Pour sa part, Dr Ruíz de la Rosa a souligné l’importance de l’entrepreneuriat avec des valeurs afin de réaliser des projets à fort impact, et le professeur Obado a mis en évidence l’effet multiplicateur des femmes entrepreneurs en Afrique. D’autres questions ont été soulevées au cours du débat, notamment le rôle de la coopération internationale, le rétablissement des institutions précoloniales, le poids de la tradition et de la culture, ainsi que le rôle des hommes dans la promotion du leadership des femmes.

Des analyses telles que celle réalisée par le Dr. Ruíz de la Rosa sont très nécessaires, étant donné que le développement de projets d’entreprenariat est devenu extrêmement important sur le continent africain en raison de leur impact direct sur la création d’emplois et de leur rôle fondamental en tant que moteur de la croissance économique. Soutenir ce type d’étude, ainsi que diffuser ses résultats, est une priorité pour la Fondation Femmes pour l’Afrique, car cela nous aide à continuer d’améliorer nos programmes d’éducation et d’entrepreneuriat.

L’étude sera bientôt disponible sur notre site web. Vous pouvez également la consulter ici.