« Elles sont le Cinéma » revient avant Noël


Madrid, 14 novembre 2021. Non pas comme un cauchemar mais comme une authentique joie africaine, Ellas son Cine (« Elles sont le Cinéma », en français) revient avant Noël. Du 14 au 18 décembre, aura lieu, pour la neuvième année consécutive, notre cycle de réalisatrices africaines, une sélection de films avec lesquels nous souhaitons présenter une vision plurielle, innovante et féministe du panorama cinématographique africain.

Cela aura lieu, comme d’habitude, dans la Salle Berlanga, le cinéma de la Fondation SGAE situé dans la rue Andrés Mellado à Madrid. Tous les films seront projetés à 19h30.

Le mardi 14 décembre, l’exposition s’ouvrira avec « Soeurs », de la cinéaste française d’origine algérienne Yamina Benguigui, qui, en plus d’être une réalisatrice prestigieuse, a occupé d’importantes fonctions politiques en France.

Lors des élections municipales de 2008, Mme Benguigui a été élue représentante du 20e arrondissement de Paris au Conseil municipal de Paris, où elle était chargée des droits de l’Homme et de la lutte contre les discriminations. Elle a également été Ministre de la Francophonie au sein du gouvernement français pendant la présidence de François Hollande et a été décorée en France de la croix de l’ordre national de la Légion d’honneur et en tant qu’officier de l’ordre national du Mérite.

« Sœurs » est un drame familial à caractère autobiographique qui reflète la situation des femmes de sa génération, issues de l’immigration algérienne, qui se tiraillées entre l’émancipation et le poids de l’histoire familiale. Le film présente en toile de fond les tensions du conflit franco-algérien des années 1960 et ses séquelles dans le temps.

La projection sera suivie d’un colloque avec la réalisatrice, qui se rendra à Madrid pour l’occasion. Participeront également au débat Teresa Langle, directrice générale de la Fondation Mujeres por África, Inés París, cinéaste, ancienne présidente de la Fondation SGAE et conseillère de la Fondation Mujeres por África, et Guadalupe Arensburg, commissaire du cycle et l’une des principales spécialistes espagnoles du cinéma africain, auteure du livre « Cinématographies de l’Afrique. Une rencontre avec ses protagonistes ».

Le mercredi 15, Dhalinyaro, le premier long métrage de l’histoire du cinéma djiboutien, sera projeté. C’est le premier long métrage de Lula Ali Ismaïl, dans lequel les inégalités économiques et les défis de ce petit pays d’Afrique de l’Est sont dépeints à travers le portrait de sa jeunesse.

Le jeudi 16 décembre, « L’homme qui a vendu sa peau », un film de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania, nominée pour le meilleur film international aux derniers Oscars, sera projeté. Il s’agit d’un drame puissant qui reflète les conséquences de la guerre en Syrie et l’exode de sa population. Lors de la sixième édition de Ellas son Cine, en 2018, nous avons pu voir un autre film de cette réalisatrice, Aala Kaf Ifrit (« La belle et la meute »).

Le vendredi 17, c’est le tour de Freda, un film réalisé par la cinéaste haïtienne d’origine africaine, Gessica Généus. Le film reflète l’escalade de la violence dans ce pays des Caraïbes après le tremblement de terre de 2010, le racisme dominant et l’urgence d’émigrer à la recherche d’une vie meilleure ; tout cela à travers les yeux de Freda, une jeune femme qui choisit de rester et de lutter pour ses idéaux et l’avenir d’Haïti.

La soirée se terminera par « Une histoire d’amour et de désir », de la tunisienne Leyla Bouzid. Son dernier long métrage montre la difficulté de se défaire des tabous culturels, du poids de la religion et des traditions, même pour les générations nées en France après l’immigration de leurs aînés. Il s’agit de sa deuxième participation au festival après la projection, en 2016, d’« À peine j’ouvre les yeux ».

À cette occasion, tant l’action des films que la vie des réalisatrices se déroulent dans des lieux géographiques qui dépassent les frontières du continent africain : la France de « Sœurs » et d’« Une histoire d’amour et de désir », Haïti de Gessica Généus, le Moyen-Orient de « L’homme qui a vendu sa peau » ou encore, le Canada où Lula Ali Ismaïl a grandi, sont autant d’exemples qui montrent que l’essence africaine est présente aux quatre coins de la planète et qu’elle touche des réalités et des contextes très différents.

Ellas son Cine est le principal projet audiovisuel de la Fondation. L’objectif du festival est de faire connaître et apprécier en Espagne les films réalisés par des femmes africaines. Jusqu’à présent, Ellas son Cine a projeté 42 longs métrages et 7 courts métrages provenant de 18 pays.

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