Alliance des femmes pour la paix : action et résilience dans les situations de crise


Madrid, 03 juin, 2026 — Le 26 mai 2026, l’Alliance des Femmes pour la Paix — une initiative de la fondation e partenariat avec l’UNAOC — et la Coalition des Femmes Africaines Médiatrices pour la Paix (CFAMP) ont tenu leur webinaire mensuel. Entre témoignages de crise et cartographie institutionnelle, la session a mis en lumière l’urgence de renforcer la place des femmes dans les processus de paix.

Réunies en visioconférence depuis Kinshasa, Bamako, Bangui et d’autres capitales du continent, des femmes engagées dans la médiation et la consolidation de la paix ont partagé des témoignages saisissants sur leurs conditions de travail, tout en travaillant à mieux ancrer leurs réseaux dans les architectures institutionnelles africaines de prévention des conflits.

 

Des situations de terrain alarmantes

Les participantes de Bamako ont décrit un blocus quasi total de la capitale malienne : convois de ravitaillement incendiés, déplacements impossibles pour les organisations féminines, matériel de formation bloqué en dehors de la ville. Dans ce contexte, 92 femmes déplacées du site de Souba à Koulikoro avaient néanmoins bénéficié d’une formation en couture et tricotage, illustrant la résilience du réseau malgré l’adversité.

Depuis Kinshasa, les représentantes de la CFAMP ont annoncé la suspension d’une conférence régionale sur les accords de paix dans la région des Grands Lacs en raison de l’épidémie d’Ebola et de la fermeture des frontières. Cette conférence devait alimenter les recommandations à soumettre à l’Assemblée générale des Nations unies en septembre.

En République centrafricaine, la CFAMP-RCA finalise son plan d’action alors que le pays fait face à une crise des otages non résolue depuis décembre et à une faible représentation des femmes dans les institutions : cinq femmes sur trente membres du gouvernement, une loi de parité restée lettre morte.

 

Cartographier les mécanismes institutionnels pour mieux s’y insérer

La session a consacré un volet thématique aux mécanismes africains de prévention et de médiation des conflits : Union africaine (Conseil de paix et de sécurité, Groupe des sages, Unité de soutien à la médiation), organisations régionales comme la CEDEAO, la CEEAC, l’IGAD ou la SADC, et partenaires multilatéraux. Une galerie de femmes médiatrices de premier plan — Ellen Johnson-Sirleaf, Catherine Samba Panza, Graça Machel, Betty Bigombe, Joyce Banda — a illustré l’apport historique des femmes à ces processus.

L’enjeu stratégique est double : identifier des interlocuteurs institutionnels permanents susceptibles d’apporter financement, formation et légitimité aux initiatives portées par les femmes médiatrices, et définir comment la CFAMP peut s’y positionner de manière durable.

 

L’Alliance des Femmes pour la Paix a pour objectif de renforcer la participation des femmes dans tous les processus de médiation et de consolidation de la paix sur le continent africain.