Muomezie Chioma Loretta. Nigeria


30/03/2020

Vivre avec le Coronavirus au Nigeria

Muomezie Chioma Loretta. Nigeria.Nous étions si optimistes lorsque nous avons appris que le Coronavirus ne pouvait pas survivre dans les régions aux climats chauds… pour se réveiller un jour avec une histoire différente.

Comme un voleur dans la nuit, ce virus mortel connu sous le nom de COVID-19 s’est infiltré dans mon continent, l’Afrique, et dans ma chère terre mère, le Nigéria. C’est ainsi que, non préparés, nous avons commencé à connaître la situation critique de la ville de Wuhan, en Chine.

Tout comme dans le monde occidental, tout a été affecté ; notre routine de la vie quotidienne, notre culture de l’accueil ont été brutalement perturbées dans tout le pays.

Le gouvernement fédéral a ordonné un confinement d’un mois dans tous les États, car les cas de COVID-19 sont passés soudainement de 12 à 49, avec un cas de décès confirmé. Les écoles ont été temporairement fermées (établissements primaires, secondaires et tertiaires), les étudiants universitaires vivant dans les foyers ont été invités de force à rentrer chez eux. N’ayant pas de plateforme fixe pour l’apprentissage en ligne car le pays ne s’y était pas préparé, certains enseignants ont maintenant recours à la plateforme WhatsApp pour leurs enseignements, tandis que la plupart ne font rien d’autre que de s’asseoir chez eux.

Tous les fonctionnaires des niveaux 1 à 12 ont reçu l’ordre de rester chez eux.

Les offices religieux de plus de 50 congrégations ont été interdits.

Certains États ont temporairement interdit le marché libre pour éviter les regroupements. Les entreprises ont été touchées. Par exemple, un de mes amis qui possède un mini-studio dans mon école a été contraint de fermer et cela a affecté ses revenus ; en ce moment, il ne s’inquiète pas seulement de contracter la maladie mais aussi de la façon dont sa famille va survivre à cette période de confinement.

La vérité est que nous avons tous été invités à rester à l’intérieur afin de limiter les contacts.

Même si cet ordre n’est jamais respecté par certains résidents, en particulier dans mon état, Anambra, puisque nous n’avons enregistré aucun cas officiellement, certains d’entre nous ont des difficultés à avoir des relations avec leurs amis et les membres de leur famille par crainte de leur transmettre la maladie ou de la contracter. Depuis le confinement, je n’ai personnellement pas rendu visite à mes deux sœurs et à leur famille, et elles ne nous ont pas rendu visité ni à moi ni à ma mère, car nous avons tous peur et devons prendre des mesures de précaution. Je suppose qu’après avoir entendu le taux d’infections et de décès dus au virus dans certaines parties du monde, nous essayons d’être très prudents en aimant nos familles à distance.

Les aéroports ont été fermés, les vols internationaux ont cessé d’entrer et le bureau de l’immigration a cessé de délivrer des passeports aux citoyens.

Le gouvernement a également ordonné aux chauffeurs de taxi, de tricycle et de bus de limiter le nombre de passagers qu’ils transportent, mais en vain. Ainsi, certaines personnes ont dû dépenser plus que d’habitude pour le transport en payant des sièges doubles juste pour s’assurer que personne ne s’assoit près d’elles.

Notre plus grande crainte maintenant est de ne pas réussir à contrôler la propagation de cette maladie car certaines personnes ont choisi de ne pas croire qu’il existe quelque chose comme le Coronavirus, elles pensent que c’est un mythe, une sorte de conspiration gouvernementale pour nous faire peur. Ce n’est pas qu’ils n’écoutent pas les nouvelles, mais ils choisissent simplement de ne pas y croire, poursuivant ainsi leurs activités normalement comme si de rien n’était. L’Afrique, en particulier mon pays, le Nigeria, étant une terre où la superstition prospère, certaines personnes croient simplement qu’elles sont invisibles, qu’elles ne peuvent pas être infectées parce qu’elles croient que le COVID-19 est une maladie occidentale.

Une chose est sûre, nous ne savons pas quand cette pandémie va s’arrêter, et cela nous a plongés dans la peur.

Voilà mon expérience du Coronavirus.

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