Filomena Avomo Esono. Guinée Équatoriale


17/04/2020

Filomena a été la deuxième femme à obtenir un Diplôme de Journalisme en Guinée équatoriale. Elle a travaillé comme journaliste à la RTVGE. Elle a bénéficié d’une bourse Learn Africa, grâce à laquelle elle a étudié un Master en Journalisme et Communication audiovisuelle à l’université de Huelva. Elle travaille actuellement à l’Université de Guinée équatoriale.

 

Filomena Avomo periodista Guinea EcJe pensais que le monde était grand, voyant les distances qui séparent les continents. Que nous, les êtres humains, étions différents, voyant les différences sociales ; que certains étaient plus tortionnaires que d’autres, voyant la faiblesse des défavorisés. Et pourtant, un virus nous a placés sur une seule et même échelle.

Tout cela semblait être une « histoire à dormir debout », comme on dit généralement lorsqu’on se réfère à quelque chose dont on accorde peu d’importance ; mais sans s’en rendre compte, nous avons vu comment le Covid 19 a quitté Wuhan pour visiter le monde. Sans séparer les continents, les races, les bourreaux et les défavorisés ; en frappant tout le monde de la même façon.

Dans mon pays, au 6 avril, 854 tests ont été effectués ; 16 ont été confirmés, 1 a été soigné et 0 sont morts, tandis que 179 personnes sont toujours en quarantaine. Les diagnostics sont réalisés grâce au Laboratoire de recherche et d’épidémiologie de la capitale, situé dans une ville appelée Baney. Ce laboratoire a été certifié par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le contrôle de la qualité de la détection du COVID 19 et bénéficie du soutien de l’Institut suisse de médecine tropicale.

Le gouvernement équatoguinéen a pris une série de dispositions et de mesures pour prévenir, contenir et combattre la propagation du virus sur le territoire national. Une alerte sanitaire de 30 jours a été déclarée, qui prévoit la fermeture temporaire de toutes les frontières terrestres, maritimes et aériennes, à l’exception des navires et des avions transportant des marchandises, des matériaux et des équipements.

Il a également été interdit à tous les services diplomatiques et consulaires accréditées à l’étranger de délivrer des visas pour entrer dans le pays. Les Equatoguinéens ne peuvent pas voyager à l’étranger, sauf pour des raisons majeures. Il existe également des restrictions aux déplacements sur le territoire national.

Tous les voyageurs provenant des pays touchés, qu’ils soient ressortissants ou expatriés, qu’ils présentent ou non des symptômes, à leur arrivée, sont placés en quarantaine pendant 14 jours.

Je vis dans la capitale, je travaille à l’université, de manière exceptionnelle et avec un planning réduit de services minimums pour chaque zone afin que l’université continue à fonctionner. Mon plus jeune fils vit dans un internat où il est confiné jusqu’à ce que la situation se normalise. Toutes les activités académiques (écoles et universités) sont paralysées, l’accès à Internet est limité de sorte qu’on ne peut recevoir ou donner des cours qu’en personne, ce qui signifie que les cours sont littéralement suspendus.

Bien que la situation sanitaire dans mon pays ne soit pas la meilleure, le Coronavirus semble être contrôlé et la population est très sensibilisée et suit les recommandations concernant le lavage des mains, l’utilisation de masques et il y a peu de vie dans les rues.

Traduit par Paola Fourcaud

 

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