Des femmes qui brisent les codes. Kah Walla, entrepreneure, leader politique et activiste au service du Cameroun


06/05/2022

Les 19 et 20 mai prochains, une centaine de femmes leaders de l’Afrique, de l’Amérique latine et de l’Europe célébreront à Madrid une grande rencontre intitulée « Les ponts des femmes. Propositions du sud pour un changement global ». À cette occasion, elles débâteront sur les principaux thèmes qui préoccupent la planète. L’objectif est en effet d’écouter ces femmes afin de les prendre en compte. Pour ce faire, elles élaboreront un document avec des propositions ; document qui sera par la suite présenté à la communauté internationale.

Dans cette section, nous vous présenterons certaines de ces leaders africaines. Ce sont toutes des femmes qui vont vous impressionner. Nous avons dû faire un choix et nous nous sommes basées sur celles qui seront les coordinatrices des divers groupes de travail. Vous trouverez également la biographie de toutes les participantes sur cette page web.


Aujourd’hui, nous vous présentons: KAH WALLA

 

Sa devise : « C’est notre droit de vivre dans un pays meilleur ! »

Kah Walla est une femme engagée envers son pays. Elle fait partie d’une minorité de femmes camerounaises qui ont eu l’opportunité de pouvoir étudier aux États-Unis. Après avoir fini son MBA à l’Université Howard de Washington, où elle avait également obtenu un diplôme en zoologie, elle est retournée chez elle afin de travailler pour ses compatriotes.

Elle a créé très tôt sa propre entreprise, Strategies, spécialisée en leadership, direction et gestion d’entreprises. Elle combine une activité politique impliquée qui revendique les droits des femmes et la bonne gouvernance.

Walla a été conseillère municipale de l’opposition à la Mairie de Douala. Elle se consolide comme leader en 2011, lorsque le Parti du Peuple Camerounais (CPP) prend la présidence.

Elle affirme que les femmes sont en première ligne pour exiger des changements. Au Cameroun, un pays qui a vu seulement deux présidents pendant 60 ans d’indépendance, où l’actuel chef d’État est au pouvoir depuis 40 ans et où les femmes ne sont pas bien représentées, elle décide de participer aux élections présidentielles. Elle a été la seule femme leader d’une candidature.

Bien qu’elle ait reçu un soutien important de la population, notamment de la jeunesse et des femmes, elle a été loin d’obtenir de bons résultats.

Il s’agit d’un pays où le gouvernement reçoit des dénonces de corruption de plus en plus graves, de fraude et de crimes contre l’humanité, où la lumière, l’eau, l’éducation ou la santé ne sont pas accessibles pour toute la population. Cependant, Kah Walla est déterminée à continuer avec la lutte pour le changement depuis le CPP, dont elle occupe la présidence.

Après la pandémie du COVID-19, elle dénonce la disparition des aides du FMI. Elle regrette que les grands organismes internationaux soient en train d’ignorer l’Afrique. Elle a été une des 20 femmes à signer une communication dirigée à l’ONU et au FMI afin d’exiger qu’ils s’occupent du Cameroun.

Kah Walla est la fondatrice du mouvement de la société civile « Cameroun O Bosso », une organisation qui travaille en faveur de la participation citoyenne, notamment des femmes et des jeunes.

Son travail a été récompensé par le prix Vital Voices, qui reconnait son implication pour renforcer la démocratie et protéger les droits humains. Elle a été aussi nommée une des femmes entrepreneures les plus influentes d’Afrique par la Banque mondiale.

Avec Jestine Mukoko, elle est coordinatrice du groupe de travail Gouvernance et grands défis

(Rebeca M. González, traductrice stagiaire. Universidad de Alcalá)

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