Boumad Souad. Algérie


05/05/2020

Boumad Souad, diplômée  en génie des procédés chimiques, a étudié à l’Université de Malaga grâce à une bourse Learn Africa

 Covid-19 a provoqué une vague de mobilisation volontaire en Algérie

Souad Boumad, química. Argelia

Le 25 février 2020, l’Institut Pasteur d’Algérie a confirmé la détection du premier cas de coronavirus dans le pays. C’est un citoyen italien qui est arrivé le 17 février à Alger où il travaille dans le champ pétrolier de Hasi Mesaoud au Sahara algérien.

Au 30 avril, le pays a enregistré 4006 cas de coronavirus, 1779 se sont rétablis et le nombre de décès continue d’augmenter sur le continent, avec 450 cas de décès d’âges différents, les plus touchés étant ceux de plus de 65 ans. Le nombre de cas positifs détectés chaque jour reste faible en raison du manque de kits de détection, de sorte que l’on estime que plus de personnes sont infectées qu’il n’y paraît réellement.

Le ministère de la santé, de la population et de la réforme hospitalière, en collaboration avec l’OMS, a lancé diverses mesures d’information et de sensibilisation pour prévenir la propagation.

 

Solidarité

Malgré tous les avertissements et les inquiétudes, les citoyens ont mené leurs activités quotidiennes normalement, sans prendre de mesures particulières, jusqu’à la mi-mars, lorsque le président a annoncé la fermeture des universités, des écoles et des mosquées, et a placé la province de Blida en quarantaine partielle, avec 58 cas positifs. Ce n’est que lorsque la contagion s’est étendue à d’autres provinces du pays, comme la ville d’Alger, qu’un état d’alarme a été décrété et que Blida a été totalement confinée, tandis que d’autres ont déclaré un couvre-feu de 17 heures à 7 heures.

L’arrivée des premiers cas de Covid-19 a provoqué une vague de mobilisation volontaire en Algérie. Des personnes seules, des groupes d’amis, des universités ou des associations ont lancé des dizaines d’initiatives : collecte de nourriture pour les familles touchées par le ralentissement de l’activité économique, fabrication de moyens de protection pour les infirmières, production de repas hospitaliers, création de points de sensibilisation, etc.

Frein aux protestations

L’Algérie a effectué des opérations de rapatriement de ses citoyens algériens qui se trouvaient dans d’autres pays, comme la Turquie, l’Espagne, etc.

Le coronavirus a mis un frein aux protestations qui ont eu lieu contre le gouvernement algérien depuis le 22 février de l’année dernière. Pour la première fois après 56 vendredis consécutifs, les rues d’Alger sont restées vides.

Lundi 27 avril, l’Algérie a annoncé qu’elle prolongeait la période de confinement de sa population afin de tenter d’aplatir la courbe de contagion. Pour l’instant, elle durera jusqu’au 15 mai, et les écoles et les mosquées resteront fermées.

Les commerces de première nécessité sont ouverts et la province de l’épicentre du coronavirus est partiellement remise en activité avec un couvre-feu de 14 heures à 7 heures.

Malgré les chiffres effrayants enregistrés quotidiennement, une partie de la population ne respecte pas les mesures et ne se conforme pas aux restrictions fixées par l’état d’alerte. Et ce, malgré les sanctions, ce qui rend difficile le contrôle de la propagation du virus.

Un Ramadan atypique

Le mois sacré du Ramadan a débuté le 24 avril de manière tout à fait atypique, au plus fort de la crise sanitaire. Le jeûne dépend de chaque personne, en fonction de comment la situation actuelle les affecte.

Avec le confinement, qui implique la suspension des réunions familiales et des activités religieuses dans les mosquées parce qu’elles sont fermées, les prières quotidiennes ou les prières du soir sont organisées dans les maisons.

Cette pandémie touche tout le monde. Beaucoup ont perdu des membres de leur famille ou des amis, et d’autres ont perdu leur emploi.

Ce sont des temps très difficiles et tristes, mais ils ont également su montrer des aspects positifs : la qualité de l’homme par la solidarité.

Nous prions pour le bien-être de chacun. Dieu est grand et tout passera.

Amis de la Fondation