Des femmes qui brisent les codes. Jestine Mukoko, « Femme Courage » de Zimbabwe


05/05/2022

Les 19 et 20 mai prochains, une centaine de femmes leaders de l’Afrique, de l’Amérique latine et de l’Europe célèbreront à Madrid une grande rencontre intitulée « Les ponts des femmes. Propositions du sud pour un changement global ». À cette occasion, elles débâteront sur les principaux thèmes qui préoccupent la planète. L’objectif est en effet d’écouter ces femmes afin de les prendre en compte. Pour ce faire, elles élaboreront un document avec des propositions ; document qui sera par la suite présenté à la communauté internationale.

Dans cette section, nous vous présenterons quelques une partie de ces femmes leaders africaines. Ce sont toutes des femmes qui vont vous impressionner. Nous avons dû faire un choix et nous nous sommes basées sur celles qui seront les coordinatrices des divers groupes de travail. Vous trouverez également la biographie de toutes les participantes sur cette page web.


JESTINE MUKOKO, avec Kah Walla, est coordinatrice du group de travail Gouvernance et grands défis 

« Femme Courage ». Voilà le surnom qui définit si bien cette femme. Il s’agit du nom du prix décerné par le Département d’État des États-Unis. Il reconnait les femmes qui ont montré un courage et un leadership uniques en ce qui concerne la promotion des droits des femmes.

Jestine Mukoko est une activiste pour les droits humains du Zimbabwe. Elle dirige Zimbabwe Peace Project, une ONG très dynamique qui, à travers les rapports périodiques, énumère et dénonce les cas de violations des droits humains dans ce pays. Sa mission est de contribuer à la construction d’une citoyenneté zimbabwéenne qui exige la responsabilité en matière de droits humains.

Cette organisation, depuis sa création en 2000, a été très critique avec la situation des droits humains au Zimbabwe. Elle a aussi surveillé et dénoncé centaines d’abus du gouvernement et des forces de sécurité aux activistes, politiques, personnes des syndicats, femmes et à la société civile.

Mukoko est journaliste de formation et licenciée en Droits humains. Elle sait que se documenter et informer de ce qui se passe en réalité est le bon point de départ.

Son travail de dévoiler les vérités qui dérangent ceux qui sont au pouvoir ont provoqué, en décembre 2008, son enlèvement, sa détention et sa torture.

Ce fait a été l’origine d’un mouvement international où des personnalités célèbres comme Gordon Brown, Condoleezza Rice, les « Sages universels » (Jimmy Carter, Kofi Annan ou Graça Machel y font partie) ou l’Amnesty International ont exigé sa libération. Finalement, sa liberté est arrivée trois mois après avoir été enlevée aux premières heures du matin chez elle à Harare.

Selon Amnesty International, les charges avaient été inventés par le gouvernement de Mugabe et ils faisaient partie d’une stratégie plus ample pour silencer les opposants politiques.

L’enlèvement n’a pas réussi à effrayer Justine Mukoko. Au contraire, ceci a été pour elle une autre preuve de l’importance de son travail. Elle continue avec la lutte quotidienne, depuis Zimbabwe Peace Project, en observant et en dénonçant tout abus ou violation. Elle croit que, après la pandémie du COVID-19, les femmes, notamment aux pays plus pauvres, ont été plus affectées de manière négative.

 

Rebeca M. González, traductrice stagiaire. Universidad de Alcalá

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