Madrid, 13 avril 2026 – Dans le cadre du projet I+DeAlgas « Mujeres por el desarrollo sostenible de la laguna Marchica », deux conventions fondamentales pour sa mise en œuvre ont été officiellement conclues. D’une part, une convention de cession de parcelles entre l’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture (ANDA) et la coopérative de femmes Al Mostakbal, relative à la remise du matériel nécessaire à l’installation dans la lagune de Marchica. D’autre part, une convention avec le ministère de l’Agriculture et de la Pêche pour l’exploitation de 16 hectares destinés à la culture des algues.
La concession, destinée à l’aquaculture, couvre une superficie totale de 16 hectares, organisée en 16 unités de production afin d’en optimiser la gestion et le rendement. Le système de culture adopté est de type horizontal, fondé sur des structures ancrées et flottantes qui favorisent le flux de l’eau et l’oxygénation, une technique largement utilisée à l’échelle internationale pour la culture des macroalgues en raison de son efficacité et de son faible impact environnemental.
Gracilaria gracilis : une espèce à haute valeur économique et environnementale
L’espèce sélectionnée pour la culture est Gracilaria gracilis, une algue rouge reconnue pour sa facilité de culture, sa capacité d’adaptation à des conditions environnementales variables et son fort potentiel économique. Utilisée principalement dans la production d’agar-agar — un gélifiant largement employé dans les industries alimentaire, pharmaceutique et cosmétique —, cette espèce constitue une option particulièrement adaptée dans une approche de gestion durable des ressources côtières.
Mise en place : les 4 premiers hectares avant la fin avril
Le 4 novembre 2025, le matériel nécessaire à l’installation des 16 hectares, fourni par l’ANDA, a été réceptionné. À la suite de tout le travail préparatoire, l’installation progressive des parcelles dans la lagune de Marchica a été engagée. Actuellement, les travaux avancent sur la délimitation et la préparation des 4 premiers hectares, afin que les femmes de la coopérative puissent démarrer la culture dans les meilleurs délais.
Un hectare consacré à la formation et à la recherche universitaire
Parmi les 16 hectares concédés, un hectare sera spécifiquement destiné à des activités de formation et de recherche. Cette parcelle bénéficiera aussi bien aux étudiants de licence et de master de la Faculté pluridisciplinaire de Nador (FPN) qu’aux femmes de la coopérative Al Mostakbal, préalablement formées dans le cadre du programme de formation théorique en algoculture mis en œuvre par le projet.
Cette dimension académique renforce le caractère innovant du projet et contribue à l’acquisition de connaissances locales sur les techniques de culture des macroalgues dans les environnements lagunaires méditerranéens, un domaine qui suscite un intérêt scientifique et économique croissant à l’échelle mondiale.
Un modèle d’autonomisation économique des femmes à travers l’aquaculture
I+DeAlgas est un projet porté par l’Université de Las Palmas de Gran Canaria (ULPGC) et la Fondation Femmes pour l’Afrique (MxA), avec le financement de la Coopération espagnole. L’association Femmes pour l’Afrique (FxA) agit comme principal partenaire de mise en œuvre sur le terrain au Maroc.
Son objectif est de favoriser l’autonomisation économique de la coopérative de femmes Al Mostakbal de Nador, en lui apportant un accompagnement spécialisé et continu à toutes les étapes du processus de production et de commercialisation de l’algue Gracilaria gracilis. Le projet vise à promouvoir l’autonomisation économique des femmes par le biais de l’aquaculture et de l’innovation, en alliant développement durable, technologie et égalité des sexes.
Il s’agit d’un modèle de développement durable, inclusif et reproductible, doté d’un fort potentiel d’extension à d’autres régions côtières du continent africain, où l’aquaculture communautaire portée par les femmes peut devenir un vecteur clé de transformation économique et sociale.
Quelques photos de l’installation :



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