Les femmes africaines revendiquent que le leadership féminin est un phénomène irréversible qui touche tout le continent

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Les femmes africaines revendiquent que le leadership féminin est un phénomène irréversible qui touche tout le continent

  • La députée de l’Assemblée Nationale du Sénégal Ouleye Diaou appelle à ce que les femmes aient une plus grande représentation au niveau des postes de responsabilité
  • Les représentantes de Tunisie, Gambie, Mauritanie et Algérie ont souligné l’importance des femmes en tant qu’agent de développement économique et réclament plus de mesures pour rendre formel leur travail et faciliter leur accès aux sources de financement
  • Cristina Tavío indique que l’intégration des femmes en tant qu’agent de développement est l’investissement les plus productif

Santa Cruz de Tenerife, 17 mai 2016. Le leadership en Afrique est un phénomène irréversible qui doit être reconnu et développé au niveau des postes stratégiques pour arriver à un développement juste et durable, a manifesté ce matin la parlementaire de l’Assemblée nationale du Sénégal Ouleye Diaou. Pendant la Ière Rencontre Parlementaires Canaries-Afrique qui s’est tenue dans le Parlement des Canaries, Ouleye Diaou, dans son intervention “Les femmes comme protagonistes majeures dans le développement juste et durable”, a revendiqué le rôle des femmes dans les mobilisations et les actions dans les quartiers. Elle a réclamé un rôle plus important dans les postes de responsabilité des différentes organisations et institutions, aussi bien au niveau des partis politiques, que des ministères, parlements, milieu judiciaire, médias, associations et entreprises publiques et privées.

Ouleye Diaou a signalé que les femmes, qui représentent 50% de la population africaine, sont les protagonistes du développement juste et durable dont les enjeux, a-t-elle expliqué, sont de passer outre les obstacles causés par le sous-développement, les carences alimentaires, le développement de l’agriculture et l’élevage, ainsi que l’accès à un système sanitaire et d’éducation pour tous.

Elle a ajouté que les femmes jouent un rôle clé en tant que fournisseurs et clientes, car elles occupent des places stratégiques dans le développement durable, ce qui devrait leur conférer plus de responsabilités au sein des organes de gouvernement et des administrations locales.

La parlementaire Ouleye Diaou a dénoncé la discrimination dont souffrent les femmes, qui se traduit par la violence, un accès restreint à l’éducation ou les mariages précoces, ainsi que par la difficulté à accéder à des postes stratégiques ou à la propriété de la terre.

À ce propos, elle a revendiqué que, loin de traiter les femmes d’une manière particulière, il est nécessaire que leurs capacités et compétences soient reconnues.

Pendant sont intervention, la parlementaire sénégalaise a mentionné le plan stratégique de son pays qui donne un rôle important aux femmes. Elle a ajouté que les femmes représentent 52% de la population sénégalaise, c’est pourquoi elles sont incluses dans un plan qui prévoit de résoudre les problèmes d’accès au crédit et au micro-financement.

En outre, à long terme, la politique de développement durable prévoit des transformations structurelles de l’agriculture, l’industrie agro-alimentaire, l’élevage, ainsi que l’économie sociale et solidaire.

Le rôle économique des femmes

Après son intervention, les femmes parlementaires ont débattu sur le besoin de renforcer la participation des femmes dans le domaine politique et économique, comme action fondamentale pour garantir le progrès de la société. Ce fut le sujet central du troisième panel ayant pour titre “Expériences de soutien aux initiatives des femmes dans les Parlements Africains” organisé dans le cadre de la rencontre.

Présenté et animé par la vice-présidente adjointe du Parlement des Canaries, Cristina Tavío, les parlementaires de l’Assemblée populaire nationale d’Algérie, de l’Assemblée des représentants du peuple tunisien, de l’Assemblée nationale de Gambie et de l’Assemblée nationale de Mauritanie ont participé au panel.

Pendant sa présentation, Cristina Tavío a affirmé que le Parlement des Canaries considère, sans aucun doute, que les femmes sont un agent majeur du développement, elles représentent 40% de la force de travail, bien qu’il reste encore beaucoup à faire pour arriver à obtenir la parité totale en matière de genre dans de nombreux domaines de la vie professionnelle et politique.

Cristina Tavío a ajouté que l’égalité de genre doit être un élément essentiel lors de la résolution des conflits et que l’inclusion des femmes comme agent de développement est l’investissement le plus productif qui puisse être réalisé. Dans ce contexte, la députée canarienne a fait allusion pendant son intervention au fait que ce sont justement les femmes africaines qui travaillent le plus sur le continent, jusqu’au point où, si elles décidaient de cesser toute activité pendant une semaine, les économies de leurs pays d’effondreraient.

Toutes les intervenantes ont insisté sur le besoin de poursuivre le travail visant à rendre visible le travail des femmes et à garantir l’égalité d’accès à la formation, de rétribution salariale, d’accès au crédit et d’accès aux postes de direction des entreprises.

La représentante du peuple tunisien a expliqué que l’on ne peut concevoir la démocratie sans la participation des femmes dont les élément principaux sont favoriser leur autonomisation et leur participation dans des postes de direction.

La représentante de l’Assemblée nationale de Gambie a indiqué que “tant que les femmes sont invisibles, les bénéfices du développement ne peuvent se produire” et elle a signalé qu’un des grands enjeux est de rendre formel le travail des femmes et de faciliter leur accès aux sources de financement qui leur permettent développer leurs initiatives entrepreneuriales. Elle a rappelé que le genre est un obstacle lors de l’octroi de crédits aux PME, et que les femmes sont à la tête de 35% de celles-ci.

Dans le cas de l’Algérie, la représentante de l’Assemblée nationale a indiqué que le Gouvernement et les institutions de son pays ont mis en marche des politiques qui ont permis faire des progrès importants en matière de parité, avec un quota de représentation parlementaire réservé aux femmes et la mise en place d’initiatives favorisant l’accès au crédit aux femmes qui entreprennent, ce qui a permis que la situation de l’Algérie soit bien différente de celle d’autres pays de l’hémisphère Sud.

De son côté, la représentante de l’Assemblée de Mauritanie a conclu les interventions en rappelant à toutes les personnes présentes le besoin de poursuivre le travail de sensibilisation pour lutter en faveur de l’égalité et le travail de promotion de la participation des femmes dans le domaine politique et économique.

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