L’accès des femmes à la représentation parlementaire, une garantie pour obtenir des modèles de gouvernement responsables et transparents

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L’accès des femmes à la représentation parlementaire, une garantie pour obtenir des modèles de gouvernement responsables et transparents

  • La première journée de la Rencontre de Parlementaires Canaries-Afrique s’est conclue par deux panels de travail sur les expériences réussies de leadership féminin dans les parlements africains et le sujet du genre dans les programmes des parlements
  • María Elena Luis Domínguez affirme que la présence féminine est le reflet fidèle d’une société plus égalitaire, avec plus de cohésion et plus juste; elle ajoute que les femmes ont été le levier de changement de la politique sur l’archipel
  • Nayra Alemán Ojeda a souligné le rôle des parlementaires comme “la voix de celles qui n’ont pas de voix” et a signalé que la violence à l’encontre des femmes et la santé sexuelle et reproductive sont des sujets non résolus dans les programmes politiques nationaux et internationaux

Santa Cruz de Tenerife, 16 mai 2016. L’accès des femmes à la représentation parlementaire est une garantie pour que les pays abordent des sujet qui ont été jusqu’à présent tabous dans la société africaine, comme la discrimination, la violence à l’encontre des femmes, le mariage de mineures ou l’avortement, et aussi pour arriver à des modèles de gouvernement responsables et transparents.

Voici quelques réflexions qui ont été exprimées dans le premier des deux panels de travail qui se sont tenus aujourd’hui dans le cadre de la Ière Rencontre de Parlementaires Canaries-Afrique, promue par le Parlement des Canaries et la Fondation Mujeres por África, avec la collaboration de Casa África, et qui réunira pendant trois jours des parlementaires canariennes et de huit pays d’Afrique pour débattre sur la participation politique des femmes et ses enjeux globaux.

Les députées du Parlement des Canaries María Elena Luis Domínguez, membre du Groupe Nationaliste Canarien et Nayra Alemán Ojeda, du Groupe Socialiste Canarien, ont été chargées de présenter et d’animer les panels.

Après la séance inaugurale, le siège de la Chambre législative a accueilli la présentation de Nouzha Skalli, membre de la Chambre des Représentants du Maroc et ex-ministre pour le Développement, la Famille et la Solidarité, intitulée L’initiative parlementaire dans l’impulsion au leadership et la participation équitable des femmes.

L’ex-ministre marocaine a retracé son expérience en tant que représentante politique dans le pays africain (elle a été candidate dans sept processus électoraux pendant 21 ans avant d’être élue en 1997). Elle a signalé que l’arrivée des femmes dans le parlement marocain a représenté, malgré les réticences des éléments conservateurs, le début des réformes pour éliminer les discriminations qui existaient dans le code pénal concernant les femmes. “Pour réussir les changements nous avons besoin de la convergence des forces démocratiques et de la représentation de l’État au plus haut niveau”, a-t-elle dit en faisant référence au rôle déterminant que joua à l’époque le roi Mohamed VI.

Après son intervention, la Chambre législative a accueilli le premier panel de travail organisé pour aujourd’hui, intitulé Expériences réussies des femmes dans les Parlements africains qui a été présenté et animé par María Elena Luis Domínguez et qui a compté avec la participation des parlementaires de l’Assemblée Populaire Nationale d’Algérie, l’Assemblée des Représentants du Peuple de Tunisie, l’Assemblée Nationale du Sénégal et l’Assemblée Nationale de Mauritanie.

À l’occasion de la présentation de la table ronde, María Elena Luis Domínguez a rappelé “le long parcours” de la présence des femmes dans la représentation parlementaire sur l’Archipel, depuis la première législature, où seulement un siège de la chambre régionale sur les soixante totaux était occupé par une femme, María Dolores Palliser Díaz, jusqu’à aujourd’hui, où le Parlement des Canaries est complètement paritaire (avec la présence de 30 députées et de 30 députés), outre être présidé pour la première fois dans son histoire par une femme, Carolina Darias.

Levier de changement de la politique des Canaries

“Cette présence féminine est le reflet fidèle d’une société plus égalitaire, avec plus de cohésion et plus juste” a déclaré María Elena Domínguez Luis, pour qui “les femmes parlementaires ont agi comme un levier de changement dans la politique de l’Archipel”.

La députée canarienne a insisté sur le fait que “la pleine participation des femmes dans la vie politique est indispensable, de la même manière que la présence des femmes africaines en politique est nécessaire pour arriver à des modèles de gouvernement responsables et transparents. Même si nous appartenons à des traditions différentes, nous sommes tous africains et nous partageons les mêmes objectifs, pour les Canaries c’est une fierté d’apporter son énergie à ce défi”.

Lors du débat qui a suivi, les intervenantes ont abordé les cas concrets de l’Algérie, le Sénégal et la Tunisie, et de leurs progrès pour garantir l’accès des femmes à des postes de responsabilité politique, non seulement pour une question de représentation mais aussi de leadership. Dans ce contexte, elles ont insisté sur le besoin d’établir des quotas favorisant cet accès, ainsi que sur le rôle fondamental de l’éducation et la culture comme véhicules pour accéder à des postes de responsabilité. Elles ont tiré la sonnette d’alarme pour qu’on ne recule pas dans les progrès atteints jusqu’à présent: “On ne fait de cadeaux à aucune femme dans aucun pays, nous devons lutter pour l’obtenir”.

Suite à l’intervention de Khawla Ben Aicha, de l’Assemblée des Représentants du Peuple de Tunisie, sur Le programme sur la question de l’Égalité dans les Parlements, la députée du Groupe Socialiste Canarien, Nayra Alemán Ojeda, a présenté le deuxième panel de la journée. Intitulé Le programme sur la question du Genre dans les Parlements, il a compté avec la participation de parlementaires de la Chambre des Représentants du Maroc, l’Assemblée de Gambie, l’Assemblée Populaire Nationale d’Algérie et l’Assemblée Nationale du Mali.

Nayra Alemán a souligné lors de son intervention les liens qui unissent les femmes espagnoles et africaines, des liens qui ont une importance particulière dans le programme sur les questions de genre des parlements des deux territoires car, comme elle a dit, “nous sommes la voix de celles qui n’ont pas de voix”. Dans cette même ligne, la députée canarienne a signalé aussi que “la reconnaissance des droits et la ratification des traités internationaux, même s’ils sont insuffisants quand ils ne sont pas accompagnés d’une mise en œuvre pratique, représentent un premier pas dans l’engagement en matière des droits des femmes”.

Elle a aussi fait référence à un autre sujet abordé par le panel, la santé sexuelle et reproductive qui, comme elle a dit, est un des droits principaux qui doit être garanti dans le chemin vers la parité totale de genre et le développement humain. Nayra Alemán a aussi fait référence à la violence à l’encontre des femmes sous toutes ses manifestations et elle a dénoncé qu’il existe encore de l’impunité dans ce domaine, ce qui lui a fait dire que la violence est un sujet non résolu dans les programmes nationaux et internationaux. Pour finir, elle a parlé de la contribution des femmes à la paix et l’expérience des femmes africaines dans ce domaine qui sont un exemple pour d’autres sociétés non-africaines.

Les parlementaires africaines qui ont participé à la table ronde qui a suivi ont décrit le rôle que jouent les femmes dans leurs assemblées respectives et l’évolution des lois dans leurs pays d’origine, comme c’est le cas du projet de loi contre la violence envers les femmes au Maroc, qui est actuellement en discussion.

 

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