Contre l'horreur des filles bombe

Le terrible attentat de Charlie Hebdo en France et les événements ultérieurs ont relégué au deuxième rang un des faits les plus effroyables qui se sont produits dans le monde ces dernières années : l'utilisation de filles comme terroristes suicides par les criminels de Boko Haram au Nigéria.

Ce groupe terroriste a non seulement kidnappé le printemps dernier presque 300 filles, pas encore libérées, non seulement utilisé ses captives pour les vendre ou comme esclaves sexuelles, non seulement été capable de tuer aveuglement des milliers de personnes dans une seule attaque, mais il est arrivé maintenant à l'extrême d'adopter la stratégie d'utiliser les filles comme arme de guerre. Dans deux attentats consécutifs, trois d'entre elles - une avait seulement dix ans- ont détoné, dans des lieux publics, les explosifs qu'elles portaient adossés à leur corps, en causant le décès d’au moins 25 personnes.

Existe-t-il quelque chose de plus terrible ? Si les enfants soldats nous bouleversaient et nous bouleversent, que penser et sentir face au fait qu'une petite de dix ans soit transformée en un pur instrument de terreur et de mort?

Bien que ce ne soient pas les autorités politiques mais l'armée nigérienne elle-même qui aie sollicité de l'aide au monde pour pouvoir arrêter ce groupe─ce qui est tout au moins assez singulier─ tous, la communauté internationale dans son ensemble est obligée de s'impliquer dans cette lutte. Ce sont trois filles nigériennes qui ont été obligées de s'immoler pour tuer, mais ce sont nous, les femmes, toutes les femmes du monde, celles qui, à travers elles, une fois de plus, sommes attaquées.

Nous ne sommes pas les seules, nous le savons. Nous tous, hommes et femmes, souffrons la fureur criminelle et l'intolérance qui nuit tant notre monde. Mais nous, les femmes, souffrons en plus le dédain extrême des terroristes dans nos corps et dans nos âmes, dans notre intégrité physique et morale, dans notre dignité, dans nos droits. Car pour eux, pour ces assassins, tout cela ne signifie rien.

J'espère que non seulement l'armée, mais aussi à qui il revient de le faire, le Gouvernement du Nigéria, avec son Président à la tête, demande au monde l'aide nécessaire pour combattre Boko Haram et en finir d'une fois pour toutes avec ce cauchemar.

J'espère que quand il la demande, tous les gouvernements répondent.

María Teresa Fernández de la Vega

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